samedi 4 avril 2009

La Vérité sur l'Assassinat de John Lennon - Chapitre V : eh bah ça alors

L'Assemblée du Désespoir

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Résumé des épisodes précédents : John Lennon le vendeur de hot-dogs se pose des questions sur les accidents improbables qui lui arrivent ces temps-ci, et demande de l'aide au sorcier Neil l'Encore Plus Jeune. Une divination les mène sur la piste de la Chasseuse, Betty Printemps, mais avant qu'ils n'aient pu la contacter, deux ours attaquent les deux compères dans un parking.

***

"GROOOOOAAA !" expliqua le colossal animal à l'humain effrayé.

Alors que son ami velu s'intéressait au magicien évanoui, le plus gros des deux plantigrades s'était approché pas à pas de John, qui s'était ainsi fait acculé dans un coin par un ours. Il marmonnait les quelques prières qu'il connaissait à la Grande Saucisse protectrice des hotdoguiers, mais savait sa fin proche. Quelqu'un voulait visiblement le voir mort, lui envoyant coup sur coup un tueur stupide, un météore volatil et maintenant deux assassins à poils, et surtout à crocs. Aucune cavalerie ne semblait se profiler à l'horizon, et seul un Dieu bon, éventuellement poète, et surtout doté d'un sens aigu du timing aurait pu le sortir de là.

Et l'ours se redressa sur ses pattes arrières
John se voyait déjà hanter un cimetière
La tête sous le bras, poussant sa plainte amère :
En bref devant la mort, il flippait grav' sa mère.

Alors un fouet qui claque, un cri d'autorité,
Des ours obéissants à l'ordre sus-cité,
Et rentrant humiliés vers leur trou inconnu :
Enfin l'humain comprend qu'il n'est plus au menu

Derrière lui, le manieur de fouet, le dresseur qui avait réussi à mettre ses agresseurs en déroute, était en fait une jeune fille. J'aurais aimé la décrire comme une magnifique apparition, aux jambes gracieuses et au sourire espiègle, aux seins galbés comme deux faons paissant au milieu des lys et à la chevelure soyeuse, mais je me dois d'être parfois honnête dans ce tissu de mensonges.

La jeune fille en question ressemblait moins à Sarah Michelle Gellar qu'à soeur Michelle Jailard, carmélite d'Angers. Quelque chose dans sa tenue, peut-être. Quelque chose dans sa coiffure, sûrement. Ou bien quelque chose dans ses cent kilos de muscles, les poils qui lui sortaient de la chemise, et sa voix qui grondait plus qu'elle n'articulait.

"...Mlle Printemps, je présume ? demanda John timidement.
- Voilà. Et ces ours ? Contre vous ? ...Qu'est-ce que vous faites là ? Qu'est-ce que vous avez fait ? Et vous êtes qui, d'abord ?
- Je suis John Lennon, et voici Neil le Jeune.
- ...Vous vous foutez de moi alors que je viens de vous sauver la vie ?"

Le hotdoguier entreprit alors de raconter les derniers événements, l'attaque de Kevin, la prophétie, les ours, le casque qui pouëte.

" ...Et vous cherchez quelqu'un pour aller en Enfer ?
- Exactement ! C'est une distillerie dans un petit village au nord-ouest de Paris, vous connaissez ?
- Et aller chercher noise au "maître des crétins" dans sa cache ? Le Roi des Kevs... C'est votre jour de chance, vous savez ?
- A part l'épisode où j'ai failli me faire bouffer ? Ouais, probablement.
- Le mot-clé ici est "failli". Je suis sur la piste des Kevs depuis quelques années déjà. C'était une loge franc-maçonne schismatique il y a longtemps, mais leurs principes ont dégénéré de manière inquiétante. Aujourd'hui, comme vous avez peut-être pu vous en rendre compte, au lieu de chercher à éclairer le monde ils se délectent des ténèbres de l'ignorance crasse ! Et ils ont de plus en plus d'adeptes innocents... Rah, je hais ces gens-là !
Pour un joli sourire et 1000 € hors frais, je suis votre homme. Ou votre femme, plutôt.
- Vous êtes ma femme pour 1000 € ? HihihihAÏE !
- Vous serez rémunérée comme vous l'entendrez, mademoiselle", intervint Neil qui était sorti de sa cachette pendant ce charmant dialogue.

John aquiesca, bien que vexé par la tape du Magickien sur sa nuque.
Unis par les liens de la paranoïa, de la curiosité, de l'argent et du calembour douteux, nos trois héroïques compagnons se rendirent du Chesnay à l'Enfer.

***

Sur le trajet, ils mirent un peu de musique légère.

***

"Donc on est censés porter ces machins ?"

Le créateur de cette phrase évoquant les plus beaux moments de la poésie française était Neil l'Encore Plus Jeune, détenteur de pouvoirs mystiques prodigieux et aléatoires, et nouveau propriétaire d'un pantalon manifestement destiné à un extraterrestre aux jambes courtes et beaucoup plus épaisses que celles d'un humain et qui aurait son petit derrière martien à peu près aux niveaux des chevilles.

"Te plains pas, j'ai un jogging", relativisa John.
"Enfilez ça et taisez-vous. Vs dvé parlé kom eu lol", se désola Betty.
Elle-même était affublée d'une jupe dont l'impudeur aurait choqué un lutteur grec, d'un débardeur moulant comme un plastique d'emballage de CD et d'autant de maquillage qu'il en faudrait pour déguiser le porte-avions Charles de Gaulle en scooter. Elle avait réussi à garder son fouet, cependant. Dans un sac à main.

Cachés dans les fourrés, ils observaient l'entrée de la distillerie souterraine de l'Enfer. Le boulanger de Wy-dit-Joli-Village (un ami de fac du hotdoguier) les avait renseignés, mais il leur avait simplement fallu suivre les allées et venues des pyjamas vivants et des jeunes décervelées, convergeant toutes vers ce point précis, qu'ils pouvaient désormais surveiller tout en réalisant leurs préparatifs.

"A bien y regarder, ils sont effectivement décérébrés... chuchota la Chasseuse.
- C'est vrai... Ils se dandinent et lancent des "mdr" sans signification tous les quelques pas !
- Nan, ça c'est comme les spécimens que j'ai déjà observés, John, mais là ils semblent vraiment concentrés sur une tâche cachée. Comme des centaines de fourmis. En moins mignon.
- C bon lé ga on é pré jkrwa. C lmomen, mdr", déclara Neil.

Et en effet, c'était le moment.
Bravant la folie, la mort et les exhalaisons d'alcool venues des entrailles de la cave, les trois clandestins s'infiltrèrent dans la distillerie à la suite d'un petit groupe de Kevs.
Suivant le flot naturel de cette foule étrange dans le souterrain, ils traversèrent des salles trop majestueuses pour être le simple fruit d'un architecte industriel, contournèrent des machineries colossales et poussiéreuses qui ronronnaient toujours et grimpèrent des escaliers aux marches baissées, parfaitement adaptées pour les uniformes des petits soldats de l'inculture comme ils purent s'en rendre compte.

Après une heure de ce régime, fatigant tant par la marche que par la tension issue de la peur d'être démasqués et immédiatement mis en pièces, l'atmosphère changea subtilement autour d'eux. Les "lol" se faisaient de plus en plus fréquents, témoins de l'agitation des Kevs, parcourant les ruelles souterraines sans but apparent mais avec un empressement visible.
Nos trois compères pêchèrent de leurs quelques phrases un peu construites le mot, de plus en plus fréquent, de "Mètr".

Le flux de Kevs devint plus régulier, se dirigeant finalement vers une unique destination.
Impossible de fuir, emportés par le mouvement. S'arrêter, c'était se faire piétiner sans état d'âme. D'ailleurs John se sentit marcher sur quelque chose de plus mou que le sol et qui gémissait, mais il n'eut pas le temps de s'excuser que déjà il était loin.

Enfin, une arche. Une gigantesque porte. Une salle majestueuse. Des centaines de pyjamas vivants derrière nos compagnons. Face à eux, une estrade monumentale, et un pupitre.
La rumeur de la salle. "...mètr... tavu lol... mètr... mdr... yva arriV tkt... le mètr... si si ! lol... le mètr... le mètr... LE MAÎTRE !"

Et dans la clameur de la foule, Lord K3vin fit son apparition.

***



Quel "accrochage de falaise" !
Qui est ce Maître mystérieux ?
Est-il venu pour offrir des gâteaux ?
Quel horrible plan ourdit la Confrérie des Kevs ?
Est-ce que le prochain chapitre aura un nom aussi pompeux et hors de propos que celui-ci ?

Vous le saurez dans le :
Chapitre VI : La Prophétie du Saucisson

vendredi 3 avril 2009

Christine Albanel is not a meme

Pic unrelated



Hey les gars ! Si on faisait une loi ?






Youpi ! Maintenant je vais plus télécharger de la musique par Youtube... Ah si, zut.


Bon bah je piraterai plus des productions françaises... comme How I Met your Mother ou the Big Bang Theory... qu'on peut voir en France quasi-simultanément, et en version originale... presque.
Mais après tout, j'ai qu'à m'orienter vers la production hexagonale ! Plus Belle la Vie ! Ah...




Ou j'ai qu'à aller voir Watchmen au cinéma, tiens !


Au Cyrano... ah non il est pas passé. A Vélizy 2... ah non il l'avait déjà retiré quand je m'étais présenté au comptoir.


Et pendant ce temps, un preneur d'otages à New York.

lundi 30 mars 2009

Calvin & Hobbes

Je l'ai croisé sur Internet, je croyais l'avoir perdu, je l'ai retrouvé...
Un beau strip.*

[d'ailleurs il passe mal en image, donc allez sur le lien]

http://davidguy.brinkster.net/goaste/stuff/calvin/calvinretouchdistressed.jpg


*De bandes-dessinées, allez pas croire les moteurs de recherche. D'ailleurs je vais pas chercher à me faire référencer sur cette BD. Ni faire de commentaire. Coin coin, simplement.

dimanche 29 mars 2009

Le néologisme du mois

Ce mois-ci, le Canard du Chaos vous fournit non pas un, mais une infinité de néologismes utiles et percutants :

1) Choisissez quelque chose que vous aimez (ou pas), et sa racine grecque si vous le pouvez
2) Ajoutez-y le suffixe -cratie
3) ????
4)PROFIT !

Vous aurez alors forgé le concept de votre régime de gouvernement préféré ! Ou bien une voie politique alternative, ou encore une dérive à dénoncer, et bien plus encore.
Ex : "J'en ai assez de cette ergocratie hochienne ! Non au tout-travail ! Oui aux saucissons ! Votez NOEL DUGLAND, choisissez NPS, pour une loukanicratie juste !"

C'est porteur, non ?

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Et on remercie Dinosaur Comic pour celle-là...

Horocksop'n'roll

Hier, l'avenir appartenait aux astres. Aujourd'hui, il se trouve dans la musique puissante !

The Beatles (natifs de avril) : Hier, l'amour était un jeu si simple, et maintenant vous vous baladez dans un champ de fraises éternel. A l'aide ! Partez en voyage une journée, conduisez votre voiture, partez en balade avec John et Yoko, revenez vers là où vous avez appartenu... de toutes façons tout ce dont vous avez besoin, c'est d'amour.

AC/DC (natifs de mai) : Vivre facilement, vivre libre, carte Navigo pour un aller simple ! Vous êtes bercés par les cloches de l'Enfer. Attention, vos shorts d'écolier vous forgent une réputation homosexuelle. On raconte que vous voudriez revenir dans le Noir. Finalement, vous êtes un peu... jeune. Pour ceux qui vont faire des cailloux, on vous salue.

Lynyrd Skynyrd (natifs de juin) : Arrêtez les noms étranges ! Ou au moins, clarifiez votre prononciation sur, disons, un titre d'album ! Soyez simple, profitez de votre doux foyer du côté de chez Forrest Gump. Vous n'avez plus personne pour jouer du clavier ? Désolé... Ah, et les astres vous déconseillent de faire des voyages aériens ces temps-ci.

Led Zeppelin (natifs de juillet) : Ca fait longtemps que vous avez pas fait rouler des cailloux, hein ? Vous allez faire des voyages par mer et émigrer quelque part, vous allez devoir quitter votre partenaire, embrumé et confus. Bon sang, lâchez votre escalier vers le ciel, ça finit par lasser et ça donne des envies de vous pendre par les pieds et de vous fouetter avec des ronces ! Parlez plutôt de votre chien noir, de la bataille de Jamaisplus, ou de tout un tas d'amour ! Et évitez les soirées arrosées si vous êtes batteur, on sait jamais.

Iron Maiden (natifs de décembre) : Vous êtes le septième fils d'un septième fils ? Ca fait beaucoup de "ta mère" en perspective. Un peu moins de 700, je suppose... Le nombre des blagues bêtes.

Blind Guardian (natifs de septembre) : Alors comme ça vous passez la nuit à l'opéra ? Vous frayez avec des bardes, des secrets passés et futurs, des imaginations de l'autre côté, mais gare à la punition divine. Vous apprenez l'allemand, l'anglais, la fantasy et la philosophie nietzschéenne à vos admirateurs, et c'est bien.

Les Fatals Picards (natifs de octobre) : On vous a vu avec une cravate marron et des grosses lunettes à l'enterrement de Derrick ! Ce mois-ci, si vous êtes seul et célibataire, vous trouverez l'amour à la française de votre vie pour lui dire des mots doux comme coton ou oreiller ; si vous êtes déjà en couple, et bien, vous le serez plus... vous retrouverez votre condition de Michael Jackson dans une maison de retraite, de Cauet sur Arte, de Dark Vador au sauna... On ne vous verra finalement pas le jour de la mort de Johnny (sacrée censure, tiens !), votre Goldorak est tombé en panne, c'est pas de chance.

The Beach Boys (natifs de novembre) : Vous avez reçu à Noël un jouet qui fournit des bonnes vibrations ? Une guitare ? Pff... Allez plutôt faire du surf aux Etats-Unis, ou rêver de la Californie, plutôt que de chercher à séduire la barbare Anne. Enfin, vous avez peut être une chance, mais c'est peut-être du temps perdu. Décidez vous au pif, ou comme on dit là-bas, "God only nose". Wa wahouuuu... Ah, et changez de chemise.

Django Reinhardt (natifs de janvier) : Vous allez faire jaser à force de faire du swing avec des mineures. La tête dans les nuages et les doigts au Paradis des métacarpes, vous saurez inventer une toute nouvelle forme de musique reprise par votre peuple. Par contre, vous ne devrez pas vous étonner si les musiciens les plus accessibles au grand public portent des noms aussi manouches que Thomas Dutronc ou Sanseverino.

Manowar (natifs de mars) : BWAAAAAH !! Non, ce n'est pas un lapin crétin, c'est 150 kilos de muscles, de bière et de testostérone, accompagné des plus forts amplis de l'histoire de la musique puissante, qui arrivent sur scène ! En cuir moulant. Avec une formation de chanteur d'opéra. Et des chansons sur des grosses épées et des marteaux de guerre. Et à propos de la gloire de la bataille et de l'amitié virile entre guerriers en sueur et en sang. Hum... Ah, et n'oubliez pas, appelez le 110 c'est important.

System of a Down (natifs de février) : Vous risquez de passer un temps non négligeable en Byo B, tout en faisant des choses peu sympathiques au système. Ouch ! Pour éviter la douleur vous pouvez aussi l'hypnotiser avant... Ah, et avec la loi Hadopi, n'oubliez pas de renommer votre CD "Steal this album" en "Buy this album or get a registered letter from the government".

Metallica (natifs d'août) : Décidément, vous êtes impardonnables ! D'abord vous voulez tous les tuer, ensuite vous réclamez la justice pour tous ! C'est triste, mais c'est vrai. Et c'est pas en attendant d'entrer dans le marchand de sable jusqu'à ce qu'il dorme que vous arriverez à dénouer les fils du Maître des marionnettes. A part ça, abandonnez les orchestres acoustiques. Et ne croyez pas votre prof de physique quand elle vous dit qu'à part la science, rien d'autre n'a d'importance.


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Pardon aux familles, tout ça.

jeudi 12 mars 2009

Hihihi

Une usine ferme.

Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il faudrait s'assurer que Continental "n'a pas trahi des promesses ni violé des procédures" en annonçant la fermeture du site de Clairoix, dans l'Oise.
Parce que trahir des promesses et violer des procédures c'est vilain.

http://www.tomdutilleulaungrossexe.sitew.com

http://www.tomdutilleulaungrossexe.sitew.com

http://www.tomdutilleulaungrossexe.sitew.com

http://www.tomdutilleulaungrossexe.sitew.com

lundi 9 mars 2009

Le Sens de la Gravité - Critiques

Les Fatals Picards : Le Sens de la Gravité
Sorti lundi 2 mars


Oyez ! Oyez, badauds ! Les Fatals Picards ont lancé à la face du monde leur dernière galette en date !


Ce groupe de joyeux... Parisiens (oui le dernier Picard du groupe est parti l'année dernière vers d'autres horizons musicaux) a coutume d'offrir des chansons loligènes depuis leur premier album "Navet Maria" fabriqué à la main dans une cuisine. Après des perles du rire comme "Moi aussi la Peacemaker", "Dis-moi des mots doux comme coton ou oreiller", "Je me sens comme Claude François à Castorama", ou des chansons touchantes et/ou faussement engagées mais un peu quand même comme "Sauvons Vivendi" ou "Les bourgeois" ("la chanson la plus à gauche du millénaire après "Je te donne" de Jean Jacques Goldmann").


Avec l'album "Pamplemousse mécanique" de 2006 et leur arrivée dans la grande maison de disque Warner, ils ont pu passer à l'Eurovision et faire des pistes enrichies techniquement et musicalement. Un peu plus engagés, et toujours une demi-heure de pistes cachées à base de Dark Vador au karaoké ou de punks à chiens.


Alors qu'attendre du Sens de la Gravité ?


Eh bien pareil en pire. Des musiques qui tapent bien, on est loin du mixage dans un garage des débuts, et des belles illustrations sur le livret de paroles. Le drame de "Seul et célibataire" du précédent album se transforme en empathie pour les sans-abri du "Canal Saint-Martin", et le "Appuyez ici ; si l'ampoule s'allume vous êtes à Tchernobyl" de l'ancien livret en jolis dessins d'illustrateur.
Sur le disque bien trop court (36 minutes, 12 pistes dont 2 reprises et 1 intro), on compte désormais trois jeux de mots à vocations humoristique (l'un d'entre eux étant le titre de chanson "Ma baraque aux Bahamas").


Donc bon, un peu déçu le fan. S'engager pour dire que les sportifs devraient défendre les droits de l'homme en Chine, que les SDF et les Maliens sans papiers sont victimes d'injustices ou encore que les supporters du PSG ont tendance à se comporter comme des hooligans, c'est gentil mais ça sert pas.
Où sont ces pistes cachées ? Sur le DVD vendu avec ? Peut-être bien, mais il reste superflu...


Mais alors, on se met à écouter, réécouter et re-réécouter la première et dernière piste, le Combat Ordinaire et Canal Saint-Martin. Et elles sauvent peut-être tout l'album. "La casquette de travers, j'avais la classe ouvrière", "Je vais piquet de grève comme on pique une colère", "J'aimerais bien pouvoir me battre en Espagne contre les moulins" et leur mélodie, c'est fort, c'est puissant, ça déchire sa race avec un sécateur.


Pour tout dire, les Fatals Picards se mettent dangereusement à changer, c'est leur choix délibéré (tiens ça rime en prime), mais alors qu'ils affirment faire de l'humour caustique, ils font juste du sentimentalisme d'actualités ou de l'historiette (deux adolescents s'aiment dans "Boum", qui vire en Superbus sans aucun second degré, Lady Diana est morte dans "Lady Diana"...) Et c'est dommage, parce qu'ils avaient un talent fou pour, avec leur décalage, taper juste : ils délaissent les milliards d'auditeurs qui avaient désespérément eu besoin des hymnes "Djembé man" (contre les joueurs de percu bruyants et drogués), "Dors mon fils" (contre les enfants), "Les bourgeois" ("s'il pleuvra à la fête de l'Huma ce sera d'la faute des bourgeois") ou encore "Picardia Independenza" plus que jamais d'actualité.


Les Fataux délaissant le jeu de mots nous laisseraient orphelins de "Si tu veux de l'argent facile il y a bien sûr la Tunisie", "L'économie est pourrie, un jour le caca sort un jour le CAC 40", et autre merveilles de l'acabit "Toi l'intouchable, donne moi ta main man, donne moi ton bras man".
Ainsi donc, le Sens de la Gravité, mangez-en, c'est beau, c'est rock indépendant, c'est pas débile, c'est vendu par les Fatals Picards, avec du vrai Fatal et plus beaucoup de Picard.
A vous les studios !